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Le Comptoir des Cybermonnaies a ouvert ses portes cet hiver à Bordeaux, l’occasion pour Médias-Cité d’aller questionner des êtres de chair sur les monnaies virtuelles.

« Comparez-le à l’or »

Ce matin-là, le Bitcoin valait 11 000 euros. Six jours plus tard, il tourne autour de 9 000. Si la boutique, ou plutôt le bureau de change, s’appelle « Comptoir des Cybermonnaies », le Bitcoin est bien sa monnaie star, pour une foule de raisons. Les deux jeunes entrepreneurs qui ont ouvert le comptoir développent pour la néophyte qui les interroge. « On compte aujourd’hui environ 5000 cryptomonnaies, qui essaient de se distinguer du Bitcoin mais on pense que 95% d’entre elles vont disparaître, parce qu’elles apportent peu de valeur ajoutée. Bitcoin est un peu la mère des cryptomonnaies » avance François, ancien consultant dans le secteur bancaire. Il poursuit l’analogie : « c’est comme la première cellule de vie, qui va donner naissance à d’autres organismes, mais à ce jour aucun n’a le potentiel pour dépasser Bitcoin ».

logo du comptoir des cybermonnaies

N’allez pas croire pour autant que la monnaie telle qu’on la connait aujourd’hui va disparaître. Non, les financiers m’expliquent qu’il vaut mieux comparer Bitcoin à l’or qu’à la monnaie. Rare, il coexiste avec la monnaie mais ne la concurrence pas. La comparaison prend tout son sens juste après : « Comme avec l’or, il y a une réserve finie de Bitcoins, ce qui le rend atypique. Cette réserve se limite à 21 millions d’unités de Bitcoins, ce qui en fait une potentielle valeur refuge, expose Baptiste, ancien développeur pour sa part. L’histoire des monnaies souveraines suit toujours le même parcours. Lancées par un État, les gouvernements sont tentés de faire tourner la planche à billets, conduisant à une baisse inexorable de leur valeur. Le Bitcoin est une monnaie dure comparée aux monnaies faciles, qu’on peut imprimer à faible coût. »

Concrètement

Ici, il faut échanger 100 euros minimum comme somme de départ. On crée un portefeuille électronique, depuis une application gratuite. On ne saisit aucune donnée personnelle car le système est pseudonyme*. L’innovation réside aussi dans le fait que l’unité informatique qui est transférée n’est pas dupliquée. Or, sur Internet, on partage, on échange, mais toutes les données sont dupliquées. Là, ça disparaît de chez l’émetteur pour aller chez le destinataire. Autre fait notoire et novateur : il n’y a pas d’intermédiaire, pas de tiers de confiance. D’accord, mais on achète quoi, avec des Bitcoins ? De nombreux grands sites marchands de e-commerce acceptent la cryptomonnaie. On y trouve le groupe Rakuten, mais aussi des organismes à but non lucratifs comme Greenpeace, Unicef ou Wikipédia, que l’on peut soutenir avec des bitcoins. Cependant, il reste surtout un produit pour « diversifier ses actifs » explique Baptiste.

La future monnaie Facebook, une menace ?

Libra, c’est son nom, sera un « stable coin » précisent ces bitcoiners convaincus. « Elle ne sera pas un produit d’investissement mais sera indexée sur un panier de monnaies, ce qui ne s’est jamais fait avant. Il y aura 20% de yen, 20% d’euros et 40% de dollars par exemple, on ne sait pas encore. Si elle aboutit, car rien n’est en place pour le moment, et qu’elle est utilisée par les milliards d’utilisateurs de Facebook et ses partenaires dans le monde, elle coexistera avec Bitcoin comme l’euro coexiste avec l’or. Ce serait une bonne nouvelle car ça aiderait à la démocratisation de Bitcoin. » imagine Baptiste. « De plus, le Bitcoin est une monnaie indépendante, poursuit François. C’est un protocole informatique open source ultra sophistiqué sur lequel aucun humain ni aucune organisation politique n’a la main, estime-t-il. Par exemple, quand Julian Assange a balancé ses Wikileaks, le gouvernement américain a ordonné aux opérateurs de paiement de suspendre les transferts de fonds vers le site. Ils le condamnaient ainsi à fermer, faute d’argent. C’était sans compter sur Bitcoin, sur lequel les Etats-Unis ne peuvent agir, et qui fait que Wikileaks, acceptant les donations en Bitcoin, existe encore aujourd’hui. Le Bitcoin repose sur un principe de liberté totale, dans le sens quasi libertarien du terme ».

Reste à voir si l’usage de telles monnaies rentrera dans les mœurs. 31% des adultes dans le monde seraient non bancarisés, alors la facilité de l’accès à un portefeuille électronique primera-t-elle sur l’instabilité d’une épargne virtuelle ? Wait and see.

Nathalie Troquereau

NDLR : *système pseudonyme : cela signifie que vous n’êtes pas identifiables avec vos noms et prénoms mais sous un pseudonyme qui protège votre identité. En revanche, si la police avait par exemple besoin de remonter l’échange pour les besoins d’une enquête, elle pourrait potentiellement retrouver votre identité. C’est pourquoi on le nomme système pseudonyme et non anonyme.

Pour aller plus loin :

émission arrêt sur images cryptomonnaie

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