et si on passait au libre
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Pour expliquer le principe du logiciel libre, commençons par présenter son frère ennemi : le logiciel dit privé ou propriétaire. Pensez à une recette de famille tenue secrète, qui ne se communique même pas sous la torture. Elle peut vous permettre de briller dans les réceptions ou bien d’en tirer un profit exclusif. En parallèle, il y a les familles qui partagent leurs trouvailles, permettant aux autres de les améliorer, de les modifier selon leurs goûts, de les redistribuer à leur tour…

Plus philosophiquement, la concept de liberté pose en transparence celui de la dépendance. Ce que défendent les dénommés « libristes » est une possibilité, pour les utilisateurs lambdas comme pour les informaticiens, de comprendre le fonctionnement du logiciel, de l’adapter, de le personnaliser, d’en faire profiter ses amis, son réseau ; en bref, de ne pas dépendre d’un système aux fonctionnalités délibérément occultes.

C’est le principe des quatre libertés, qui régissent toute la culture libriste : liberté d’utiliser, liberté d’étudier, liberté de redistribuer, liberté de modifier. Nous connaissons de nombreux logiciels libres mais ignorons qu’ils appartiennent à cette école de pensée et de fabrication tel Firefox, Linux ou Open Office.

Ce n’est pas tout. À l’heure des balbutiements du respect de la vie privée sur Internet (avec le RGPD, avec les révélations des lanceurs d’alertes), nous continuons d’être exaspérés face aux publicités ciblées et intempestives qui polluent nos boîtes mails, nos téléphones, nos vies. Le monde du « libre » n’a pas attendu 2019 pour estimer que les données utilisateurs étaient privées. Cela fait intrinsèquement partie de son système.

Richard Stallman, ancien hackeur du MIT, a fait du logiciel libre le combat de sa vie. Fondateur de la Free Software Foundation en 1985 (dont il vient de démissionner, lire les raisons ici), Stallman formalise le concept et fédère les utilisateurs-citoyens conquis par cette perception de l’informatique, voire de la société. En opposition au copyright qu’il abhorre, le chercheur développe l’idée du copyleft. On vous met ici trois minutes de Stallman, parce que personne n’en parle mieux que lui, et que le personnage lui-même est inénarrable.

Extrait du documentaire « Internet ou la révolution du partage » de Philippe Borrel (2018)

Vous savez ce qu’il vous reste à faire la prochaine fois que vous passez devant une pub Microsoft.

Attention ! Le logiciel libre souffre d’un a priori tenace à abattre : libre ne veut pas dire gratuit. Le service peut être payant, la compétence déployée aussi, mais le code source est ouvert, donc chacun peut se l’approprier pour l’interpréter à sa manière. En anglais, on parle de free software. Le mot free en anglais signifie gratuit ou libre, mais les deux mots ne sont pas homonymiques en français. C’est pourquoi nous parlons de Libre et non de Free (devenu une marque depuis).

Même payants, on peut imaginer que si les logiciels libres étaient la norme, la fracture numérique serait moindre. Puisqu’ils invitent les utilisateurs à devenir des acteurs de l’aventure informatique et programmatique, au lieu de rester dans le rôle de contemplateurs ahuris et rentables qu’on leur a attribué. Cette posture valorisante et active proposée par le Libre inciterait probablement plus de monde à s’impliquer.

Pour résumer, le libre permet l’échange, le partage, l’interprétation, la modification, la création, tout en assurant la préservation de vos données personnelles.

Si tous ces arguments vous ont convaincus, allez fouiller sur le site de Framasoft, qui tient (entre autres) un annuaire des logiciels libres (Framalibre). Vous trouverez tout !

Nathalie Troquereau

Pour aller plus loin

https://www.april.org/files/documents/20060502-carrefour-numerique.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre

https://aful.org/gul

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