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La France est pleine de lieux tombés en désuétude, et la Nouvelle-Aquitaine ne fait pas exception. Usines, hôpitaux, écoles, villages, entrepôts… Avec le projet Mémoires en friche, le collectif Stimbre a décidé d’explorer l’histoire de dix de ces lieux désaffectés, à travers une démarche artistique au long cour et pluridisciplinaire, fondée sur l’expérience. L’outil numérique sert ici à créer du lien, à diffuser de la connaissance, de la création, à capturer du son, et à suivre à la trace ce projet itinérant.

Jo Stimbre est auteur-compositeur-interprète. Gaëlle Chalton chanteuse-interprète, preneuse d’images, directrice artistique et médiatrice. Autour du duo fondateur de Jo et Gaëlle s’agrège une constellation de talents, qui forment à eux tous le collectif Stimbre. Leur projet Mémoires en friche part fouiller les anciennes cuisines de l’hôpital psychiatrique de Charles Perrens ou encore l’ex-entrepôt militaire de Bergerac. Pour les parcourir, ils s’entourent de la jeunesse locale, issue des centres d’animation voisins, des assos, des écoles… Toute la semaine, les enfants récoltent l’histoire du lieu en prenant la parole d’anciens ouvriers, de spécialistes, en compilant des images d’archives. Ils sont accompagnés et initiés par un membre du collectif, lui-même journaliste-documentariste. De ce travail est produit un mini-documentaire, diffusé sur la plateforme du site à la fin de la résidence sur la friche. « À la fin, on fait une projection et certains invitent des copains. Ils sont très contents de découvrir des métiers qu’on ne leur propose pas habituellement. Jo et moi, on leur dit qu’on est autodidactes, on leur dit que c’est possible. La dernière fois, certains nous ont même demandé de les prendre avec nous ! » s’exclame Gaëlle, encore surprise. Ces mini-films réalisés, les jeunes les diffusent sur leurs réseaux sociaux, les partagent sur Insta, les montrent à la famille, aux amis. C’est un objet de fierté et d’accomplissement, accessible n’importe où, puisque présent sur YouTube. Un numérique valorisateur, ça aussi, c’est possible.

Mais les seniors ont leur partition aussi dans le projet. Les artistes s’entourent pour chaque résidence en friche d’anciens ayant connu ou travaillé sur les lieux, soit résidents d’EPHAD non loin de là. « On s’intéresse aux publics empêchés » explique Gaëlle, qui se définit comme médiatrice à ces moment-là, et qui avoue son amour sincère pour les personnes âgées. Des histoires, elles en ont plein les valises, et même si parfois elles ne connaissent pas le lieu exploré, leur voix est sollicitée par les artistes, qui les conserve comme une matière pour créer. « Quand on est allé à l’EPHAD pour parler de Charles Perrens, tous les résidents ne connaissaient pas. Nous avons donc parlé de la folie » se souvient la chanteuse. Ils viennent échanger, vivre des moments avec eux, leur proposer des choses. « Nous, on fait de la musique électronique. On pourrait croire que les personnes âgées n’y seraient pas réceptives mais l’autre jour, j’ai mis mon casque sur les oreilles d’une dame de l’EPHAD et elle s’est mise à pleurer en disant – c’est beau, comme c’est beau… » s’émerveille-t-elle encore.

Les technologies peuvent créer des liens et valoriser les jeunes, tandis que l’électro émeut aux larmes une séniore ? C’est ça, la magie de Mémoires en friche !

Une année durant, le collectif va tourner de friche en friche, mettant en ligne au fur et à mesure les travaux des jeunes et le texte d’une chanson, écrite par Jo sur le moment. Il en écrit une par friche. La bande-son est issue exclusivement des lieux, où lui et son acolyte Julien Perraudeau enregistrent par exemple le son d’un boulon jeté sur de la vieille tôle, façon bruiteurs de cinéma. Pendant ce temps-là, Gaëlle prend des images de tout ce qui la touche. Les compositions musicales et les images constituent la finalité de l’expérience. Un concert – spectacle, articulé autour des chansons interprétées par Jo et Gaëlle, se jouera dans chaque salle de résidence qui les aura accueillis pour monter, produire, enregistrer etc. Les saltimbanques modernes joueront donc au Rocher de Palmer de Cenon, à La Sirène à la Rochelle, au Théâtre de Gascogne à Mont de Marsan, etc. Les morceaux seront habillés des visuels projetés sur scène grâce à la technique du mapping, immergeant les spectateurs dans leur univers qu’ils qualifient de « poésie électro ». En attendant les concerts, les curieux, les fans, les participants peuvent les suivre grâce à la cartographie interactive de leur site internet. On les suit comme un feuilleton, ou comme un groupe en tournée qui donnerait une démo de temps en temps à la communauté. L’outil est malin et rassembleur.

Vous l’aurez compris, le projet Mémoires en friche est hybride, il mêle récits historiques et techniques numériques, médiation et musique, jeunes et vieux, vide et plein. Mais Gaëlle le clame haut et fort : « On ne s’interdit rien ! » C’est sûrement pour ça.

Nathalie Troquereau

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