ada lovelace
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest

Qui se cache derrière le premier programme informatique ? Une femme. Et derrière l’invention du wifi ? Encore une femme. Mais qui a dit que les algorithmes et les ordinateurs étaient une affaire d’hommes et que les femmes n’y entendaient rien ?

Peut-être que Nintendo, avec la création de sa Gameboy (et non Gamegirl) en 1989, n’y est pas pour rien. Alors que de nombreux métiers se sont féminisés ces dernières décennies, à l’instar du journalisme, le secteur des technologies de l’information et de la communication (les TIC) affiche, lui, un recul significatif de la mixité comparé aux années 70. Culturellement, la donne a changé. Les femmes sont tout aussi capables de coder aujourd’hui qu’elles ne l’étaient hier, sauf qu’elles l’ignorent désormais. Une étude réalisée par la Commission Européenne écrit dans sa note de synthèse que : « l’inégalité des genres dans la sphère numérique est essentiellement le résultat de la persistance de biais inconscients forts sur ce qui est convenable, sur les capacités de chaque genre, ainsi que sur les technologies elles-mêmes. Par conséquent, un changement culturel est nécessaire. »

La figure du geek mâle, enfermé dans sa chambre à coder comme un fou, vit ses dernières heures (ou plutôt, ses dernières années). Partout en France et dans le monde, ateliers, bourses, écoles ou expositions se déploient pour rendre à la femme sa place dans le jeu numérique, en rappelant une histoire mixte des avancées technologiques, et en leur permettant d’accéder au secteur professionnel le plus dynamique. Une parité digitale est possible, si tous les acteurs s’y mettent. Comme de coutume, Médias-cité est parti à la pêche aux bonnes idées, aux initiatives girl friendly, et comme toujours, il y en avait tout près de chez nous.

WILD CODE SCHOOL

logo Wild Code School

Pas spécialisée dans l’apprentissage du code aux femmes, la Wild Code School compte environ 30% d’inscrites dans ses sessions de formation. Cofondée par Anna Stépanoff en 2014, la WCS existe déjà dans 19 villes de France et propose deux formations de 5 mois par an, ouvertes à tous (pas besoin de prérequis quelconque). L’école bénéficie du label de l’État « grande école du numérique » dont l’objectif est que chacune compte au minimum 30% de femmes. C’est un début…

 « Le travail de pédagogie, nous le faisons en amont. Nous participons à des ateliers d’initiation au code, avec d’autres organismes (le Wagon, l’agence de développement de Haute-Garonne.) et on essaie de convaincre les gens que l’algorithmie n’est pas une discipline exclusivement masculine. Souvent, l’algorithmie est associée aux mathématiques, lesquelles sont vues comme faites pour les hommes, soi-disant plus logiques. Ce n’est pas vrai ! On essaie donc de mettre à mal ces préjugés en amont, pour attirer plus de femmes dans nos formations. » explique Joséphine Maury, assistant campus manager.

Il existe en outre des bourses pour les femmes, qui financent des places gratuites pour des sessions de formation. La Wild Code School existe pour rendre opérationnels et employables les apprenants en un temps record. C’est pourquoi beaucoup des candidats sont en reconversion et autour de la trentaine, nous confie Joséphine. Si les écarts peuvent s’étendre « entre 19 et 58 ans », tous ont fait le même constat : c’est là qu’il y a du boulot. Il est ironique de constater que les femmes s’autocensurent quand il s’agit de candidater à des postes de cette nature, alors que « les entreprises sont en pénuries et cherchent à féminiser les équipes. Si, pour le même poste, une femme et un homme se présentent, les employeurs privilégieront la femme » assure Joséphine. À la WCS, le taux d’insertion serait de 85%, et les femmes n’auraient aucun mal à trouver un poste à la sortie, nous informe notre hôte. À bonnes entendeuses …

DJANGO GIRLS

logo django girls

Cette franchise internationale existe seulement depuis 2014 et s’est déjà propagée dans 95 pays. C’est dire le vide qu’elle vient combler. Les Django girls proposent aux femmes des ateliers d’initiation intensive au code entièrement gratuits, avec des coachs, des équipes de niveaux, et un rendu mis en ligne à la fin de la journée. L’antenne bordelaise organise aussi des meet-up, où les hommes sont acceptés, et où l’on fait de la pédagogie et de la démystification, tout en créant un réseau.

« On dit aux filles qu’elles sont toutes en capacité d’acquérir les mêmes compétences, de faire les mêmes jobs pour les mêmes salaires, que les hommes. Nous voulons doter le public féminin de la même assurance et des mêmes connaissances que le public masculin » explique Audrey Charliac, membre impliquée de l’association.

« Les femmes qui viennent ont un intérêt pour les nouvelles technologies et sont en reconversion ou en sortie d’études. Elles savent que c’est un domaine où il y a une grande offre d’emploi, mais elles se sentent dépassées par les néologismes et anglicismes utilisés dans ce monde, qui ne sont pas le dictionnaire. Pour elles, après le syndrome de l’imposture, après l’intimidation, il y a l’incompréhension. C’est comme un saut de haie, quand elles en sautent une, il en reste toujours une devant. On est là pour leur dire que c’est possible et que ça s’apprend. »

Mais Audrey assure que les Django Girls ne veulent pas cliver, bien au contraire, elles veulent rendre les femmes à compétences égales des hommes, pour qu’ils puissent interagir et travailler ensemble. La sous-représentation des femmes dans les métiers du numérique les préoccupe. Au sein-même de leur équipe de coachs bordelais, il y a plus d’hommes. Mais leurs actions, comme celle de la Wild Code School, tendent à diminuer ce phénomène dans les années à venir. Si ces ateliers sont nécessaires et rencontrent un tel succès à travers le monde, c’est parce qu’ « aujourd’hui, les outils pédagogiques pour apprendre le code ne sont pas du tout accessibles aux débutant.es. »

Ces questionnements sur le genre imprègnent peu à peu le secteur du numérique, en train de développer l’intelligence artificielle et les robots de demain. De la parité numérique dépendra une IA paritaire et non conçue exclusivement par des hommes.

Propos recueillis par Nathalie Troquereau

Pour aller plus loin :

https://www.blogdumoderateur.com/parite-metiers-numerique/

https://gaite-lyrique.net/storage/2019/03/19/computer-grrrls-dossier-pedagogique.pdf

https://linuxfr.org/users/maderios–2/journaux/pourquoi-les-femmes-ont-deserte-l-informatique-dans-les-annees-1980

Partager l'article

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
porta. libero fringilla suscipit Donec dolor. Phasellus Aenean