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Obsolescence programmée : la loi et l’esprit

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Il y a cinq ans naissait dans la loi française le délit d’obsolescence programmée. Un texte qui entraîna la création de l’association HOP – Halte à l’Obsolescence Programmée, bien décidée à lutter contre le désastre écologique du tout-jetable grâce à cette nouvelle arme juridique.

De portée nationale (et doté d’une antenne bordelaise), HOP s’attache à occuper tous les terrains. L’association poursuit des actions en justice, alimente un blog sur le site Alternatives Économiques, publie des tribunes dans des titres nationaux, fédère une communauté de près de 40 000 personnes sur les réseaux et organisera le 27 novembre prochain le Sommet de la durabilité (à suivre en ligne). En plein débat sur les enjeux écologiques de la 5G et à l’aube d’un black friday plus polémique que jamais, cultivons-nous sur un des péchés originels de la tech avec la co-fondatrice de HOP, Laetitia Vasseur.

logo de l'association HOP - Halte à l'Obsolescence Programmée

Lutter contre l’obsolescence programmée relève d’abord de l’acte écologique. Expliquez-nous en quoi les deux sont liés ?

L.V : Le sujet est intéressant car il réconcilie l’âme de l’écologiste avec son âme de consommateur. Lutter contre l’obsolescence programmée est un acte de consommateur qui ne veut plus se faire avoir mais qui a aussi conscience que la fabrication des objets neufs est ce qui pollue le plus, d’où la nécessité de prolonger leur durée de vie. Le fait de surproduire augmente le réchauffement climatique, on utilise beaucoup de CO2 pour aller chercher les matières, pour leur transport. D’un autre côté, les déchets s’accumulent… La chaîne de production a un impact considérable sur l’écologie et ça concerne tous les objets, même l’achat de tous petits produits.

Connaît-on vraiment le chemin emprunté par nos déchets électroniques ?

L.V : Une traçabilité est demandée aux industriels. Nous avons tous vu des documentaires comme « La Tragédie électronique » qui montrent que nos déchets suivent d’autres routes que celles qu’on nous indique. Ils sont parfois revendus, leurs parcours est parfois licite, parfois non. Beaucoup de produits se retrouvent dans des montagnes de déchets alors qu’ils auraient pu être réparés, mais ont sûrement été jugés trop vieux ou pas assez esthétiques. Notons aussi que seule une petite partie des produits est recyclée. Dans les smartphones, toutes les pièces sont collées, leur recyclage est énergivore et complexe. Moralité, mieux vaut garder nos objets le plus longtemps possible ou les mettre sur le marché de seconde main.

Existe-t-il une date limite à l’extraction des métaux rares avec lesquels on construit les smartphones ?

L.V : Les pronostics de l’OCDE estiment que si nous continuons comme ça, nous atteindrons la fin des réserves de cuivre, de zinc, de plomb, de nickel, d’argent et d’étain d’ici 2050. Et même si nous en trouvions de nouvelles, leur extraction demande de creuser très profond dans les sols et cela contamine l’environnement autour.

Comment accueillez-vous le futur déploiement de la 5G ?

L.V : Nous avons demandé un moratoire. Nous ne sommes pas contre la technologie en elle-même, mais ce bon technologique doit s’accompagner de bons écologiques et sociétaux. Il doit s’accompagner d’une réflexion sur la longévité des appareils et leur compatibilité, or, les gens qui travaillent sur le sujet se focalisent sur l’aspect vitesse, pure tech. L’intelligence des ingénieurs devrait être sollicitée ailleurs.

Lire aussi : 5G : session de rattrapage

Qu’est-ce que l’obsolescence programmée culturelle ?

L.V : Elle désigne la surreprésentation des publicités qui envoient des signaux pro renouvellement des produits, insinuant que de ne pas en changer baisserait le statut social. Nous voulons prendre en main cette culture du tout-jetable qui n’est pas cohérente avec la notion d’économie circulaire.

Vous êtes très actifs sur le volet juridique du sujet et partez en croisade contre les géants du web. N’est-ce pas décourageant parfois ? Obtenez-vous des résultats ?

L.V : Le droit sur l’encadrement de la publicité est un peu à la traîne donc l’idée est plutôt de mettre la pression médiatique et juridique sur les marques que d’espérer de réelles sanctions. Mais nous avons des résultats ! En février 2020, Apple a été condamné à verser 25 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses et en juillet, un jury de déontologie publicitaire nous a donné raison contre Microsoft. Nous avons déposé une plainte récemment contre la publicité Chromebook qui incite à changer d’ordinateur et avons obtenu l’interdiction de ce type de publicité en France (à partir de 2022). Autre belle victoire : tous les produits français seront étiquetés d’un indice de réparabilité d’ici 2021, qui s’accompagnera ou sera remplacé par un indice de durabilité en 2024, sous peine de sanctions.

Propos recueillis par Nathalie Troquereau

capture d'écran de la home page du site de HOP
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