Faut-il éteindre Internet pour sauver la planète ?

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Médias-cité ouvre une série d’interviews où s’exprimeront les associations, activistes, militants, artistes ou structures qui traitent de la question écologique au quotidien. Nous leur demanderons comment concilier numérique et écologie, et glanerons quelques conseils et pistes de réflexions pour être plus responsables.


Qui n’a pas entendu parler de Greta Thunberg, jeune égérie de la cause écolo, qui, du haut de ses seize ans, déplace les foules, invective les dirigeants de ce monde et tient un discours à la portée de tous ? Certains la taxent d’être la marionnette servant l’agenda politique de groupuscules, d’autres estiment que la jeunesse n’a jamais été gage de sagesse, d’aucun la vénèrent, la plupart l’admire. Mais là n’est pas la question. La vraie question, c’est quelle place allons-nous enfin accorder à l’écologie, et non le visage qu’elle prend, en ce début 2019 ? Alors que des associations ont engagé des stars pour poursuivre ensemble l’État coupable d’inaction face à l’urgence climatique (L’Affaire du siècle) et que les marches pour le climat se multiplient, le sujet, bien que mal traité, a enfin obtenu sa place au premier rang dans la hiérarchie de l’information.

Greta Thunberg manifestant avec d'autres adolescents

Greta Thunberg fait des discours où des milliers de personnes se pressent, entrainés par le même mélange de colère et d’optimisme, sauf que, sans les réseaux sociaux, personne ne serait au rendez-vous. Parce que personne ne saurait qu’il y en a un. Elle est loin, l’époque du Larzac, où toute la France alternative convergeait en camion, en stop ou à pied, et communiquait grâce aux feuilles de choux et aux JT de 20h ! C’est là qu’intervient l’inextricable paradoxe : Internet est le plus grand pollueur de notre époque mais aussi le meilleur outil pour fédérer, informer, éduquer, provoquer… Alors, faut-il éteindre Internet pour sauver la planète ? Médias-cité est allé chercher des éléments de réponses chez les acteurs locaux.

#1  Ekolo[geek]

Ekolo[geek] est une association bordelaise dynamique. Depuis 2007, ces militants convaincus proposent animations et événements pour sensibiliser chacun à la protection de l’environnement. Pauline Robin, chargée de mission, s’est prêtée au jeu de l’interview.

L’association existe depuis 2007, vous avez vu les consciences évoluer ?

Oui, on sent vraiment une différence depuis une dizaine d’années. Les gens semblent plus sensibles, notamment au sujet du zéro déchet. Je crois que c’est venu en partie grâce au livre Famille zéro déchet, qui est sorti en 2016 et a démocratisé le sujet. Il a montré le coté abordable, ludique et tous les avantages que ça apporte. Depuis, on a vu arriver des festivals zéro déchets, de nombreux films sur le sujet, et on voit que les gens sont très en demande de ça.

On sait aujourd’hui que le numérique produit une somme considérable de déchets. Selon vous, quels sont les trois gestes que l’on devrait tous accomplir lorsqu’on est derrière nos écrans, pour réduire cette pollution ?

1 – Éteindre ses appareils et les débrancher quand ils ont fini de charger. C’est la base. Dès qu’on a fini de les utiliser, on éteint et on débranche, c’est simple et vraiment important.

2 – Se désabonner des newsletters et autres pubs que l’on reçoit sans jamais les lire. C’est l’équivalent de mettre un Stop Pub sur sa boîte aux lettres. Ça représente beaucoup, imaginez que certains reçoivent cinquante mails par jours et n’en lisent que trois ! Ils les laissent s’accumuler dans la boîte mail et ça prend énormément de place. Or, le simple fait de se désabonner fait qu’on ne les reçoit tout simplement plus. Il suffit de prendre l’habitude de cliquer sur « non merci, je ne veux pas recevoir tel news », ça allège considérablement la boite mail et l’esprit !

3 – Arrêter de faire des réponses automatiques par mails. C’est comme si on envoyait un colis, et qu’on le renvoyait, puis qu’on le renvoyait encore…Toutes ces données et images pèsent lourd, on devrait réfléchir à est-ce que ça vaut vraiment la peine d’envoyer ça à tout le monde automatiquement.

logo ekologeek

Vous utilisez Internet pour vous adresser aux gens, leur proposer des ateliers ou des actions. Pourtant, son utilisation est très polluante, c’est un peu le serpent qui se mord la queue. Doit-on s’en passer ?

Non, car c’est grâce à Internet qu’on découvre plus d’informations sur le sujet, et c’est un outil d’éveil des consciences. Il permet aussi de découvrir des nouveaux moyens de consommer. Il ne faudrait pas le supprimer mais que l’on apprenne tous à bien l’utiliser.

C’est la question de la fin et des moyens. Nous, on se pose toujours la question du moyen pour pouvoir sensibiliser, sur les sites internet qu’on crée, on réfléchit à l’optimisation des pages pour qu’il soit le plus léger possible par exemple.

Que va-t-on faire de nos déchets numériques et comment les gérer ?

Commençons par vider nos boites mails de tout ce qui n’est pas nécessaire. Pensons à bien vider la corbeille et à optimiser nos modes de stockage. On a l’habitude de faire des copies des copies des documents que l’on veut sauvegarder. Sauf que dès qu’on stocke une donnée, ça a une influence et un poids, il nous faut optimiser ça. Les déchets numériques sont différents des déchets matériels. Si on les supprime vraiment, ils disparaissent. Seulement, il faut aller au bout de la démarche car bien souvent, il ne suffit pas de cliquer sur le premier bouton, il faut aller plus loin.

Est-ce que l’art a un rôle à jouer comme moyen d’éveil des consciences ?

Oui bien sûr. Chez Ekolo[geek], on utilise souvent le visuel pour faire passer les messages de manière plus ludique, graphique et créative. On va faire des BD ou des dessins ; le côté artistique nous permet de sensibiliser autrement. On ne peut pas se passer de l’art, qu’il soit visuel ou autre, je pense notamment à la chanson de Jack Jonhson « ReUse ReUse Recycle » (« The 3 R’s », NDLR) qui, au-delà du plaisir de l’écoute, véhicule un vrai message sur l’environnement !

Nathalie Troquereau

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