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Joué Play : « une méthode Montessori pour la musique »

main jouant sur le play pad batterie du joué play
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Combien sommes-nous à ignorer la guitare ou le synthé qui dorment dans nos salons, dépoussiérés une fois l’an par le pote musicien de passage à la maison ? Beaucoup. Trop, selon Pascal Joguet. Le bordelais lance en novembre sa gamme d’instruments connectés Joué Play, destinés à tous ceux qui rêvent de jouer de la musique mais n’ont jamais appris à le faire. Une petite révolution numérique, musicale et culturelle.

Pour le fondateur de Joué Music Instruments, la France a enfermé la pratique musicale dans une bulle élitiste qui inhibe la plupart des gens. Il est carrément anti Conservatoires. « On a mis la musique dans des boites de conserves. On y apprend la musique qui se faisait quand l’Europe était forte avec Mozart ou Beethoven, mais on fait de la musique électronique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et elle n’est toujours pas enseignée. C’est quand même fou, non ? » Pour ce quadra touche-à-tout, c’est l’élitisme culturel à la française qui cause tant de frustrations chez ceux qui s’en sentent exclus. Sans oublier les freins financiers, car apprendre la musique peut coûter cher.

« Le budget tourne autour de 500 euros par an. Sans compter l’achat de l’instrument en lui-même, qui commence à 200 euros pour une guitare et atteint l’infini quand on parle de piano. Le Joué Play avec piano et batterie coûte 300 euros, et si tu rajoutes 50, tu as la guitare et le xylophone en plus. »

Campagne Kickstarter, avril 2020

Des instruments intuitifs

Rien à dire, c’est moins cher. Pascal ouvre la petite housse rectangulaire qu’il a apporté et déballe son orchestre miniature sur la table. Le Joué Play se compose d’une planche en bois et métal, d’un câble USB à connecter à son ordinateur, sa tablette ou son téléphone. Sur la planche se posent les fameux Play Pads, sortes de rectangles en silicone qui représentent chacun un instrument, dessiné avec simplicité. On lance l’appli, on choisi le type de son et on joue de la batterie au café de la halle de Darwin, en deux secondes et juste avec ses petits doigts qui tapotent. L’outil permet aussi d’enregistrer des boucles, propose des tutos vidéos, mais permet surtout d’accéder au plaisir de jouer de manière quasi immédiate. Pour la guitare, l’effet magique doit causer des addictions puisqu’on peut rapidement se prendre pour Jimi Hendrix.

« On vient de faire des stages avec des enfants de 10 ans des quartiers prioritaires qui n’ont pas accès au numérique et ne jouaient d’aucun instrument. Je leur ai expliqué ce qu’était le tempo, comment jouer ensemble. Au bout de cinq jours, on a fait un concert ! En fait, Joué Play est une sorte de méthode Montessori mais pour la musique. D’abord la musique, le touché, le plaisir. C’est comme quand t’apprends à parler, tu répètes ce que disent tes parents mais tu sais pas que t’es en train d’employer un COD. Pour la musique, c’est pareil. »

Pré-curseur de Steve Jobs

Pour la petite histoire, Pascal n’en est pas à sa première innovation. C’est lui qui invente le premier écran multitouch pour musiciens en 2005, avant le lancement de l’Iphone et consorts en 2000. Son invention séduit Daft Punk, Björk… Le frenchie finit par être contacté par les concurrents d’Apple, désireux de rester dans la course. Il travaille alors pour Samsung, Motorola, Google, et fait le tour du monde de la tech en laissant la musique entre parenthèses.

« J’ai fait un burn-out technologique. C’est un mode ultra concurrentiel et humainement violent. Je suis parti en digital detox, j’ai construit des maisons en terre avec Pierre Rabhi. La musique est revenue très simplement, et la tech aussi mais cette fois-ci, je me suis donné pour mission de m’en servir pour construire des instruments qui faciliteront l’accès à la musique. Faire du numérique au service de l’humain, et pas l’inverse ».

Mission accomplie, bien joué.

Nathalie Troquereau

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