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À l’ère des influenceurs, des haters* et des followers*, les réseaux sociaux sont un espace d’expression où les jeunes évoluent bien souvent sans repères éducatifs ni présence adulte bienveillante. Comment palier cette absence et comment éduquer les jeunes aux bonnes pratiques ? Médias-cité en a discuté avec Yann Le Gal, ex-médiateur numérique et Promeneur du Net en Normandie, alors que le dispositif se déploie en Gironde à partir du 24 janvier.


Pourriez-vous nous expliquer le concept de la « rue numérique » ?

C’est très simple. Quand on est jeune, on se balade dans la rue avec ses copains. Eh bien on fait pareil sur les réseaux sociaux. On aime bien tenir les murs ; l’expression s’applique aussi très bien aux réseaux sociaux. C’est juste le territoire qui, au lieu d’être physique, est dématérialisé. Mais les jeunes sont les mêmes depuis 30 000 ans ! Lorsqu’on est Promeneur du Net, on est avant tout animateur. Nos actions sur le Net en tant que Promeneurs consistent à devenir amis avec les jeunes avec lesquels on travaille, à se rendre disponibles. L’action la plus répétée est celle de faire coucou, qui signifie notre présence sur les réseaux si les jeunes souhaitent s’ouvrir à nous. Nous leur expliquons le danger de poster des photos de soi en maillot de bain par exemple, et tâchons d’avoir des profils Facebook qui montrent l’exemple. Ce qui manque aux jeunes, c’est la capacité d’anticipation et de plus, ils ont une très mauvaise culture numérique. La plupart ne sait même pas ce qu’est une adresse IP… Nous essayons de maintenir le lien tout en les éveillant à réfléchir sur leur façon de procéder.

Peut-on parler d’échec ou de retard de la France ?

En France, nous avons environ 5000 lieux de médiation numériques, mais c’est un sujet mal traité dans notre pays. Nous pensons bien sûr que c’est à l’école que l’on devrait apprendre aux jeunes comment utiliser ces outils et comment bien se comporter sur la Toile, or, l’Éducation Nationale n’a pas bien intégré ça. Aujourd’hui, c’est l’apprentissage par les pairs. C’est-à-dire que dans la cour, le premier qui a un smartphone apprend aux autres, il apprend donc sa manière de faire… Depuis quelques années, il y a des initiatives politiques : ça a commencé avec Axelle Lemaire, puis Fleur Pellerin, axée sur les start-up, et on a vite mélangé l’économique avec le numérique. C’est un aspect très important, mais ce n’est pas tout. Pourtant, je suis plutôt optimiste pour la suite. Nous avions dix ans de retard sur les smartphones et on a tout rattrapé en deux ans ! La France fonctionne beaucoup comme ça. Les Promeneurs sont de plus en plus sollicités, le volet s’intègre désormais aux formations de base des professionnels…bref, la médiation numérique se consolide.

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*Haters = Anglicisme signifiant haineux en français. Désigne un groupe de personnes qui s’expriment sur les réseaux de manière négative, agressive et dépréciative sur un sujet ou une personne en particulier.

*Follower = Anglicisme signifiant suiveur en français. Désigne une personne abonnée au compte Twitter, Facebook ou autre plateforme d’une personne et qui participe ainsi à sa renommée, en se constituant comme public virtuel.

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