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C’est quoi, le métavers ?

musée dan le métaverse, source wikimedia
Depuis que le propriétaire de Facebook a annoncé renommer son entreprise Meta, en référence directe avec la technologie qu’il veut développer, tout le monde en parle. Loin d’être un concept inventé par le magnat de la Silicon Valley, le métavers existe depuis des décennies.

Contraction des mots « méta » et « univers », le métavers nait dans le cerveau de l’auteur Daniel Galouye en 1964 dans son œuvre Simulacron 3. Son principe est simple, il propose un monde parallèle, dans lequel les utilisateurs existent à travers leur avatar, qu’ils peuvent façonner à leur image pour en faire de parfaites répliques de soi dans le monde numérique, ou au contraire, pour devenir une autre version de soi-même, réinventée. Déjà utilisé dans les jeux vidéo, l’idée de l’avatar qui mène une existence virtuelle avec des interactions sociales, et pouvant réaliser des transactions à l’aide de monnaie numérique (les NFT), n’a pas attendu Mark Zuckerberg pour faire des adeptes. Mais c’est bien parce qu’on entend faire sortir le métavers du champ du jeu qu’il faut s’y pencher.

The LPBA performing Coppélia in Second Life, 23 June 2013 – from Act III, CC BY-SA 3.0. Wikimedia

Le site d’informations L’Usine Nouvelle nous rappelle que le métavers des années 2000, incarné par la plateforme Second Life, était très populaire et investi par des marques qui y voyaient déjà un espace de vitrine stratégique, ou par des artistes qui pouvaient y donner des concerts. Feu le créateur de mode Thierry Mugler y avait même créé son île-musée, l’île du Dr Muglerstein. Mais Second Life a été totalement éclipsé par l’arrivée de Facebook en 2007 et tomba dans l’oubli peu après.

Alors pourquoi une telle résurgence d’un concept vieux comme l’informatique et la science fiction ? Est-ce dû à notre ère pandémique où la distanciation sociale et le port du masque diminuent nos échanges et nos connexions avec autrui ? Dans le métavers, aucun risque de contamination. On peut faire son shopping sans passer par la case gel gluant sur les mains, on peut faire des réunions de travail en ayant l’illusion d’être dans la même pièce, faire du sport, bref, « incarner Internet au lieu de le regarder » comme l’expliquait le patron de Meta dans sa présentation du projet.

Bien que ce dernier veuille la rendre massive, l’utilisation généralisée du métavers n’est pas pour demain. Pour expérimenter « l’incarnation » d’Internet, c’est-à-dire ressentir physiquement les actions et interactions de l’avatar sur le métavers, il faut un équipement technique encore très onéreux en 2022 (casque, lunettes, combinaison…), sans oublier le très haut débit nécessaire à un tel fonctionnement.

En outre, le métavers version Facebook rencontre déjà des problèmes d’ordre éthique et juridique. Plusieurs bêta testeuses (personnes qui testent des jeux ou des applications avant le grand public) ont rapporté des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles subis par leurs avatars femmes dans la première version du métavers social, lancé fin 2021.

Pour aller plus loin :

https://www.unitec.fr/metavers-les-premices-dun-monde-nouveau/