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En septembre dernier, l’association Les Petits Frères des Pauvres sortait un rapport édifiant. Plus d’un quart des séniors n’utiliserait jamais Internet. À l’heure du tout-connecté, la fracture sociale rejoint la fracture numérique, et le nombre de laissés-pour-compte inquiète. Comment faire pour briser l’isolement ? Actions pédagogiques et initiatives sociales, assurément. Mais aussi, la mise en place d’un environnement « web-friendly », suggère l’association.


2019, année numérique

Cette année, la déclaration d’impôts sur le revenu se fera obligatoirement en ligne. Une étape qui fait suite à la dématérialisation de la carte grise, des services de la CAF, de Pôle Emploi… En bref, les administrations ferment leurs guichets peu à peu, et tant pis si vous faisiez la queue. Dans cette queue, beaucoup de personnes âgées, on s’en doute. Ne plus pouvoir se déplacer au guichet signifie se débrouiller seul derrière son écran, or, les PFP révèlent que 39% des seniors comptent demander de l’aide pour leur prochaine déclaration. Cette perte d’autonomie participe de l’isolement des personnes âgées.

Pour y remédier, pléthores de dispositifs ont été mis en place, tels Les Maison de Service Au Public (MSAP) et les Espaces publics Numériques (EPN). Déployés sur l’ensemble du territoire, ils ne suffisent hélas pas à résorber la fracture car, nous apprend le rapport, leur fréquentation est en baisse et ne touche pas nécessairement un public âgé ou déconnecté. Ces espaces ne constituent que partiellement l’environnement « web-friendly » préconisé par les PFP. Ce dernier passerait par un meilleur équipement des EPHAD ou autres lieux collectifs fréquentés au quotidien par les personnes âgées. C’est une des recommandations-phare du rapport.

En attendant, les choses bougent, et dans le bon sens. Depuis septembre 2018, le gouvernement expérimente le concept de « pass numérique », à l’attention des personnes éloignées des usages des nouvelles technologies. Sorte de chéquier numérique, les personnes détentrices du pass auront accès à cinq ou dix ateliers numériques, tenus dans les MSAP et les lieux de médiation numérique. Une bonne idée, même si Antoine Darodes, ex-Directeur de l’Agence du Numérique, exprime un petit bémol : « Une partie de la population hésite à venir dans les lieux de médiation numérique. » constate-t-il, « nous devons réfléchir aux moyens d’inciter le public visé à se rendre au sein des espaces d’acculturation numérique, qui doivent être visibles, attirants, et rassurants… »

Recréer du lien

Si les démarches administratives posent un problème majeur chez les seniors déconnectés, l’absence d’usage numérique les isole aussi socialement, alors que ce dernier est un formidable vecteur de lien. Thomas Genty, directeur d’Études CSA, affirme qu’« il n’ y a pas une, mais des fractures numériques ».  Les causes peuvent être la précarité, l’inhibition, mais aussi l’absence d’intérêt pour l’outil en tant que tel. L’urgence de multiplier les actions d’accompagnement et de transmission à la hauteur du besoin a été perçue par bien des structures.

Des Mobilisations comme MONALISA, des organismes de formation tels Solidatech ou encore la tenue d’ateliers d’aide à l’autonomie tels Cybernadette, sont autant de grains de sables qui œuvrent dans le sens de la résorption de la fracture numérique et sociale. L’association Old Up propose quant à elle des ateliers aux plus de 70 ans. Il s’agit de la tranche d’âge la plus touchée ; le rapport révèle que les femmes seules de plus de 80 ans et aux revenus faibles sont les grandes exclues de cette étude. En 2019, l’accès au numérique reste un chantier national, d’intérêt général.

crédit image : Personnes photo créé par freepik – fr.freepik.com

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